Le défi : le confort des grandes marketplaces, les réalités du marché local
La cliente, basée en France, voulait une application de seconde main aussi fluide que les références européennes du secteur, mais destinée au marché sénégalais. Copier une interface existante ne suffisait pas : les usages de paiement, la qualité du réseau et les repères de confiance ne sont pas les mêmes.
Trois contraintes structuraient tout le projet. Le réseau mobile est irrégulier et les données coûtent cher, donc chaque photo envoyée compte. Le paiement se fait très majoritairement par portefeuille mobile, pas par carte bancaire. Et une transaction entre deux inconnus n'a lieu que si l'application donne des repères clairs sur le vendeur, l'état du produit et le déroulé de la livraison.
La vraie difficulté n'était pas de reproduire une interface connue, mais de rendre une transaction entre particuliers crédible sur un marché où le commerce informel se fait encore sur les réseaux sociaux.
La solution : une application unique, du dépôt d’annonce au paiement
Nous avons conçu et développé l'ensemble du produit avec une seule équipe : design, application mobile, backend, paiements et publication sur les stores. La cliente a eu un interlocuteur unique du premier atelier jusqu'à la validation par Apple et Google.
- Un dépôt d'annonce en moins d'une minute, avec compression des photos directement sur le téléphone
- Une recherche par catégorie, taille, état, prix et région, pensée pour un fil rapide même en 3G
- Une messagerie acheteur-vendeur en temps réel avec notifications push
- Un paiement par Wave, Orange Money ou carte bancaire, au choix de l’acheteur
- Un système de notation et de signalement pour construire la confiance entre membres
- Une landing page web d'acquisition qui renvoie vers l'App Store et le Google Play Store
Une collaboration itérative : beaucoup d’allers-retours, aucune surprise
Ce projet n'a pas été livré en une seule fois à la fin. Chaque semaine, la cliente recevait un écran, un prototype ou une version installable à tester, et ses retours étaient intégrés dans le sprint suivant. Les parcours les plus sensibles — le dépôt d'annonce et le paiement — ont été retravaillés plusieurs fois jusqu'à obtenir exactement le comportement attendu.
Ce rythme d'allers-retours a un avantage direct : aucune mauvaise surprise à la livraison. Les arbitrages fonctionnels, les formulations à l'écran et les détails d'ergonomie ont été tranchés au fur et à mesure, pas découverts après la publication.
L’architecture : vitesse, compression et temps réel
L'application repose sur React Native en TypeScript, avec une base de code unique pour iOS et Android. Ce choix réduit le coût de développement et garantit que les deux plateformes évoluent en même temps, sans décalage de fonctionnalités.
Le point critique reste la consommation de données. Les photos d'annonces sont redimensionnées et compressées sur le téléphone avant tout envoi, ce qui réduit fortement le volume transféré et rend le dépôt d'annonce utilisable même sur une connexion lente. Le fil d'annonces est paginé et mis en cache pour éviter de recharger les mêmes images.
La messagerie fonctionne en temps réel et s'appuie sur des notifications push pour qu'aucune négociation ne reste sans réponse. Côté paiement, les portefeuilles mobiles sont intégrés par redirection vers l'application du portefeuille, puis confirmation côté serveur : c'est cette confirmation serveur, et non le retour de l'utilisateur dans l'application, qui déclenche la validation de la commande.
Sur un marché mobile-first à débit variable, la performance n'est pas une optimisation de fin de projet : c'est une décision d'architecture prise dès la première semaine.
La publication : passer les règles d’Apple et de Google
Une application qui met en relation des particuliers et traite des paiements est examinée avec attention par les deux stores : politique de confidentialité, modération des contenus, signalement d'annonces, clarté sur ce qui est vendu et par qui. Nous avons préparé les fiches, les visuels et les mentions nécessaires, puis géré la soumission jusqu'à la validation.
Les comptes développeurs restent au nom de la cliente, qui garde le contrôle total de ses applications, de son code et de ses données.
Pourquoi ce projet illustre notre approche
Djarna cumule tout ce qui rend un produit mobile difficile : temps réel, paiements, confiance entre inconnus, contraintes réseau et validation par deux stores. Le projet a été mené de bout en bout par une seule équipe, dans un délai annoncé et tenu.
C'est le type de projet que nous menons pour des porteurs de projet qui veulent une application réellement publiée et utilisable, pas une démonstration. Et c'est aussi la démonstration de notre positionnement : des standards de conception européens appliqués à des usages locaux, entre la France et l'Afrique de l'Ouest.